Introspection II

Incapacité d’établir les ponts
Laideur chronique;
Dent discordante
Myopie des sens
Une corpulence non voulue

Dans un accouchement des plus douloureux et long
Je suis revenu d’entre les gens
Qu’on croyait mort-né.

On me fit remarquer alors la beauté de mes yeux
De couleur pers-vert.
Orangé de contour.
Dans une ligne de feu.
Dont l’énergie ; le rire
Brûlait tout sur son passage.

-

Cette nuit là
J’ai tout brûlé

Carbonisé
Cette vie pourrie
Ce faux-corps.

J’ai tout brûlé.
De la maison au monde entier.
Tout.

Incandescent était alors mon amour
Mes yeux plongés sur lui
Je l’ai brûlé tout entier
Des orteils à la moindre racine de ces pensées
Bourreau j’étais
De l’avoir fait autant crier

En le brûlant
Toute une nuit.

2 commentaires

  1. Commentaire par Grand Maître des Anonymes on septembre 27, 2008 12:15

    C’est magnifique et je comprends trop bien, en mettant pour moi des elles.

    Je vous conseille, si vous ne le connaissez pas, de lire Constantin Cavafis, En attendant les barbares, chez Gallimard Poésies.

    Mon poète fétiche, poète grec d’Alexandrie du début XXe siècle, admiré par Marguerite Yourcenar, ayant inspiré le livre Le Quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durell, et dont les aventures homosexuelles poétiques dans Alexandrie parsèment l’œuvre. Si vous aimez en plus l’histoire antique et la mythologie gréco-romaine, vous serez comblé.

    Enfin… Moi j’aime bien.

  2. Commentaire par Romain on septembre 30, 2008 4:34

    Je ne connais pas, mais j’irai jeté un coup d’oeil. ;)

    Heureux que ces mots résonnent en vous.

    Romain D.

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