Les yeux creux
Les morts, des files
Sous l’absinthe
Ruminant les vapeurs
Des jours inconscients
Sous la bienveillance
De l’impuissance
De l’hypocrisie commune
Je dévisage ces dévolutions
Papales ou idéologiques
Au creux de mon reste d’humanité
J’ose prier mon doux intérieur
De calmer ses brasiers ardents
L’hémorragie de ma défloraison
Cette candeur du monde
S’écoulant peu a peu de ma chair
Qui joui pourtant de tant de connaissance.
Quand le dernier souffle viendra
Pour me soulager de mes souffrances
Il restera toujours une prière
Qui pourra sauver mon âme
Aux yeux de tous :
L’écoulement sur mes toiles
De mes humeurs les plus douces
Sera ma réalisation finale
En tourbillon je laisserai fléchir
Tous ces idées éparpillés
Peut-être en oublierai-je
…
Quoi déjà ?
Mes affects
En peinture alphabétisé
Un jour peut-être
Quand l’huile sera bien posé
Mon esprit tranquillisé
Je m’oublierai
Dans les comptines de mon enfance
Quand je désirai être un géant
Les yeux fermés
Les pieds tournant sur eux-même
Dans une tentative d’envol
A coup de massue
On me réanime
Dans un vide sanguinaire
Les yeux délicieusement fermés
Je vois la déliquescence
De mes ailes fondre peu à peu
La nuit douce amante
Heureuse veuve noire
Me dévore
Avec mon consentement
Dans une éternelle spirale
Cette répétition délibérée
Qu’on appelle temps qui passe
Un jour parmi tant d’autre
J’ouvrirai enfin les yeux
À coup de massue