Dors.

Écroulé sur mes draps
Ruisselle délicatement
Les rêves salins
De mon enfance

(Fais dodo… fais dodo, l’enfant…)

L’horloge grince
Les secondes
Telle une barbarie excentrique

(Maman est en haut… qui fait des gâteaux)

Mes lèvres
Méconnaissable
Dévisage
La lumière trop forte
Comme seul observateur

(Si tu ne dors pas… papa s’en ira)

La seule force que j’ai
Est de crier sourdement
D’attendre
Que tu me glisses
Dans les méandres auditif
Du colimaçon
Ces quelques mots :

Fais dodo, Colas mon petit frère,
Fais dodo, t’auras du lolo.

#16 - Zombie (The Cranberries)

04 - Zombie 5′06
The Cranberries
No Need to Argue
1994

Testament ii.

L’humanité se dirige vers un précipice béant
J’en ai aucun regret
Que je sois l’un des premiers à tomber
Je tiendrai la porte pour les suivants.

Cette masse vivante
Sclérosé jusqu’aux chairs
Agression quotidienne
Je pousse le verdict suivant :

Je condamne l’occidensalité
À la peine de mort perpétuelle.

Testament.

Les yeux creux
Les morts, des files
Sous l’absinthe
Ruminant les vapeurs
Des jours inconscients

Sous la bienveillance
De l’impuissance
De l’hypocrisie commune
Je dévisage ces dévolutions
Papales ou idéologiques

Au creux de mon reste d’humanité
J’ose prier mon doux intérieur
De calmer ses brasiers ardents
L’hémorragie de ma défloraison
Cette candeur du monde
S’écoulant peu a peu de ma chair
Qui joui pourtant de tant de connaissance.

Quand le dernier souffle viendra
Pour me soulager de mes souffrances
Il restera toujours une prière
Qui pourra sauver mon âme
Aux yeux de tous :

“God bless America for Democracy and Liberty.”

Réalisation.

L’écoulement sur mes toiles
De mes humeurs les plus douces
Sera ma réalisation finale
En tourbillon je laisserai fléchir
Tous ces idées éparpillés

Peut-être en oublierai-je

Quoi déjà ?

Mes affects
En peinture alphabétisé
Un jour peut-être
Quand l’huile sera bien posé
Mon esprit tranquillisé
Je m’oublierai
Dans les comptines de mon enfance
Quand je désirai être un géant

Les yeux fermés
Les pieds tournant sur eux-même
Dans une tentative d’envol

Déchu.

À mes rêves envolées
Auxquels sont aspirés
Une dernière ligne poudreuse
Sur mes poignets sanguinolents
Je leur donne mon dernier sourire

Les géants sont déjà ici
Ils me cherchent
Mais ne me trouveront pas
Moi déjà envolé
Vers des voltiges célestes
À la recherche de mes rêves envolés

Avec mon rire jaunâtre
Je noircis le tableau de ma vie
D’une âcreté certaine.

Indicible.

Déconstruction imminente
À la vue de l’indicible
Questionnement de l’existence
Celle qui tente de m’anéantir

Criant mes passions
Les plus amoureusement sanglantes
Je ne vois que l’impertinence
D’une vie suspendu
Couler sur ma tempe

Doux.

Mon valeureux
Douceur viscérale
Aux luxueux
Douloureux regards

Mes plaintes restent sans appels
Tu ères dans mes eaux
Sans t’y noyer

J’absous mes fantasmes
À ta sanctification
Toi corps
Dont le partage se fera
Loin de moi.

#15 - Ava Adore (The Smashing Pumpkins)

02 - Ava Adore 4′20
The Smashing Pumpkins
Adore
1998

Vivre.

A coup de massue
On me réanime
Dans un vide sanguinaire

Les yeux délicieusement fermés
Je vois la déliquescence
De mes ailes fondre peu à peu

La nuit douce amante
Heureuse veuve noire
Me dévore
Avec mon consentement

Dans une éternelle spirale
Cette répétition délibérée
Qu’on appelle temps qui passe
Un jour parmi tant d’autre
J’ouvrirai enfin les yeux
À coup de massue

(peut-être)